Darius Rochebin nous demande notre avis...

Les principales sources de pollution sur le territoire français (je cite la France car les données sont plus faciles à obtenir) sont, dans l'ordre décroissant:
- les transformations énergétiques industrielles,
- le chauffage et le refroidissement domestique et d'entreprise (bureaux),
- l'agriculture,
- puis...le trafic routier.

Et je n'inclus pas les émissions importées (émissions produites à l'extérieur du territoire pour l'élaboration des produits importés) (source: rapport CITEPA, 2013).

L'argument objecteur de conscience ne fonctionnera pas avec les véhicules privés à moteur, ils pollueront toujours. La question que nous devions nous poser il y a 20 ans n'était pas "polluent-ils?" mais "polluent-ils trop?". Oui, les véhicules d'antan polluaient. Ils polluaient même énormément et sans commune mesure en comparaison avec les véhicules actuels.

Toutefois, d'autres mauvaises habitudes associées aux véhicules à moteur, et bien plus graves, perdurent et ne semblent pas inquiéter plus que ça le citoyen (et par extension, les journalistes):
- les files d'attente artificiellement provoquées à l'entrée des villes (typiquement: la politique genevoise)
- la réduction drastique des places de parcage (typiquement: la politique genevoise)
- l'énorme gaspillage d'énergie induit par les climatiseurs (que même les conducteurs de véhicules décapotables ne se refusent pas)
- la filière de recyclage digne d'un film d'horreur: on balance le tout dans un container et hop, en Afrique par courrier A (héritage français de 1986: "la pollution s'arrête à nos frontières").

Des mesures politiques qui ont effet de 1) cacher le problème et 2) décourager le conducteur en augmentant le temps moyen nécessaire pour relier le point A au point B. Manque de chance: les véhicules sont devenus tellement confortables que les avantages dépassent largement les inconvénients des transports publics pour une majorité de pendulaires. L'ajout d'une pastille verte "A+" sur la feuille descriptive du véhicule suffit pour démolir le petit zeste de mauvaise conscience qu'il reste à certains.

Genève est un excellent exemple de gestion par des singes: une politique urbaine anti-voitures gangrène la Ville depuis plus de 20 ans. Il n'y a plus de place de parc, les routes sont étroites, et l'on construit des immeubles sans parking souterrain. Que fera-t-on dans 10 ans lorsque les véhicules, devenus "propres", seront à nouveau tolérés dans l'esprit collectif? Pas grand chose...on ne peut pas agrandir les routes, réduire les trottoirs ni creuser sous les habitations.

Bref, la solution existe: elle roule déjà sur nos routes! Le problème se situe, comme d'habitude, entre le clavier et la chaise...ou plutôt dans ce contexte, entre le contribuable et les décisions politiques.

Le scandale Volkswagen? Une entreprise européenne, ultra compétitive, attaquée de plein front par le gouvernement américain, lui-même propriétaire à plus de 70% de l'industrie automobile domestique en pleine désuétude devant la concurrence européenne et asiatique? Et on vient nous demander si cela nous choque que le Diesel pollue plus que prévu?

Ha...ha...ha.